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« LE LIVRE NOIR DU COMMUNISME » : ET LA ROUMANIE ?

Publié le mercredi 3 novembre 2004

Depuis sa sortie, le gros livre intitulé « Le livre noir du communisme », paru chez Robert Laffont ( en novembre 1997), fait couler beaucoup d’encre et de salive. FR3 lui a consacré son émission-phare, « La marche du siècle », et il a même été la vedette d’un incident à l’Assemblée nationale, où la droite parlementaire a brandi cet ouvrage en interpellant M. Jospin, premier ministre, sur la présence de communistes français dans son gouvernement. Tout le monde en a parlé, mais, comme d’habitude, bien peu de gens l’ont lu. OGLINDA l’a lu pour vous, recherchant plus particulièrement ce qui pouvait concerner la Roumanie.

Nous n’entrerons pas ici dans la polémique centrale qui entoure le livre, celle de savoir s’il faut considérer le nazisme et le communisme à égalité, comme deux idéologies criminelles : les auteurs, nombreux, du livre ne sont pas d’accord sur ce point ! Toute personne qui a eu des contacts avec la Roumanie ou qui milite dans une association franco-roumaine, humanitaire ou autre, a dû se poser au moins une fois la question, sur place, face au pays après décembre 1989 : « Comment en est-on arrivé là ? Que s’est-il passé réellement ? Comment savoir ? » Ces questions nous hanteront longtemps et, à mon avis, ne trouveront leurs réponses sérieuses que dans quelques décennies, quand les protagonistes auront disparu ( comme cela se passe pour le régime de Vichy actuellement en France, cinquante ans après !). L’auteur de la partie concernant les pays d’Europe centrale et du sud-est dans cet ouvrage est un tchèque immigré en France, Karol Bartosek. Voici l’essentiel de ce qu’il dit, au fil des pages ( car l’analyse est chronologique-thématique et non par pays) sur la Roumanie pendant ses 45 ans de communisme. · Dès 1944, on trouve des camps de transit pour les déportés que fait l’Armée Rouge soviétique ( Brasov, Timisoara, Foscani sont les lieux les plus connus). Des milliers de gens y meurent d’épuisement au mains des soviétiques. · Des procès politiques contre les alliés non-communistes ont eu lieu en 1948, période durant laquelle la ville de Sighet ( N.O de la Roumanie) abrite une prison célèbre qui reçoit tous les opposants, dont un bon nombre va mourir ici (52 morts officiels en 5 ans). · Les églises uniates ( gréco-catholiques) et catholiques romaines ont été sévèrement frappées, car formant des structures concurrentes au Parti Communiste. Des milliers d’arrestations, des centaines d’assassinats ont été recensés, tant sur des prêtres que sur des fidèles. · Le petit peuple roumain a payé cher et a alimenté les camps de travail, qui se trouvaient presque tous regroupés le long du chantier du canal Danube-Mer Noire, appelé là-bas « canal de la mort ». Les autres camps étaient dans le Delta. En tout une dizaine de camps de travail forcé ont vu passer des centaines de milliers de détenus politiques, de très nombreux y mourront d’épuisement, de mal nutrition... · L’auteur rapporte l’horreur de ce qui s’est passé dans la prison de Pitesti, entre 1949 et 1952, où avait été mise au point une méthode abominable de rééducation politique, par un détenu communiste du nom de Turcanu, avec la complicité des autorité carcérales et politiques. Expérience arrêtée sous la pression occidentale des radios. Seuls Turcanu et ses complices prisonniers furent exécutés. Cette période abominable a donné lieu à publication d’un livre récent titré « Pitesti, laboratoire concentrationnaire (1949-1952) » de V. Ierunca, aux éditions Michalon, Paris. · Des communistes furent éliminés, comme dans tous les pays se réclamant de cette idéologie, dans la vague de procès « titistes » ou « sionistes » ( exemples cités de L. Patrascanu, V. Luca ou A. Pauker). Certains furent exécutés, d’autres emprisonnés. · De 1956 à 1989, c’est une période de cumul de tous les moyens répressifs : arrestations, déplacements forcés, assignations à résidence, passages à tabac, licenciements, procès, « suicides » organisés...L’auteur cite comme point culminant la répression du soulèvement ouvrier spontané de Brasov en novembre 1988.

Aucune nouveauté réelle dans ce texte, on savait déjà presque tout. Mais c’est un premier état des lieux global qui peut nous aider à comprendre le malaise de la société roumaine, les rancoeurs, les haines, les vengeances, tout ce qui peut y subsister en rapport avec cette époque. L’auteur termine d’ailleurs en soulignant la difficulté de gérer ce passé sans mettre la société renaissante à feu et à sang.

[synthèse réalisée à partir de la troisième partie du livre : L’autre Europe victime du communisme. Pages 395 à 496, dans « Le livre noir du communisme » - Stéphane Courtois et autres - Robert Laffont - 1997 - 846 pages] J.M. DAURIAC

publié dans OGLINDA n° 2 1997




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